[Article publié le lundi 07 avril 2025 à 06h00 et mis à jour le vendredi 11 avril à 10h12] La réplique paraît naturelle. Puisque Donald Trump veut taxer le vin, les voitures et les objets de luxe, l'Union européenne n'a qu'à taxer ce que les États-Unis exportent le mieux : le numérique, via le cloud, les logiciels, les réseaux sociaux et autres services web. C'est ce qu'a laissé entendre la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dans une interview au Financial Times publiée jeudi. « Il existe un large éventail de contre-mesures », a-t-elle commenté. « Par exemple, on pourrait imposer une taxe sur les revenus publicitaires des services numériques. »
L'idée de cette taxe numérique a été auparavant reprise par d'autres, notamment Robert Habeck, ministre de l'Économie allemand, ou l'eurodéputée Stéphanie Yon-Courtin (Renaissance) qui y voit un « signal fort ».
Mais derrière le réflexe politique, la mise en œuvre d'une telle mesure se heurte à plusieurs obstacles. À commencer par un problème juridique de taille : on ne taxe pas des services comme on taxe des marchandises. « Il y a rarement des flux transatlantiques à taxer dans le cadre du numérique : ce ne sont pas des droits de douane, car il n'y a pas d'importation au sens strict », rappelle Bernard Lamon, spécialiste en droit du numérique. « Quand une entreprise française souscrit à Microsoft Azure, elle paie la filiale de Microsoft en Irlande », rappelle-t-il.